Et si nous ne choisissions pas toujours les objets qui nous touchent le plus ?

Nathalie DAOUT
Et si nous ne choisissions pas toujours les objets qui nous touchent le plus ?

Pendant longtemps, j'ai pensé que lorsqu'une personne choisissait un Andara, tout était déjà décidé.

Elle prenait le temps de regarder les photos, comparait les couleurs, les dimensions, parfois pendant plusieurs jours, puis passait sa commande en étant persuadée d'avoir trouvé la pièce qui lui correspondait.

La vie m'a pourtant réservé quelques surprises.

Il m'est arrivé de me tromper en préparant certaines commandes. Une erreur de couleur, un Andara rangé au mauvais endroit... Sur le moment, je redoutais toujours la réaction de la personne et je me disais que j'avais commis une belle maladresse.

Pourtant, à plusieurs reprises, j'ai reçu une réponse à laquelle je ne m'attendais pas : « Finalement, je crois que je préfère celui que vous m'avez envoyé. »

Ces messages m'ont longtemps étonnée. Comment pouvait-on préférer une pièce que l'on n'avait pas choisie ?

À force de voir cette situation se reproduire, j'ai compris que nous ne savons pas toujours à l'avance ce qui nous touchera réellement.

J'ai fait le même constat avec les petits Andara que j'ajoutais parfois en cadeau. C'était une simple attention : je choisissais une pièce qui me plaisait et je la glissais dans le colis. Là encore, certaines personnes me parlaient davantage du petit Andara offert que de celui qu'elles avaient acheté.

Il arrivait même que cette petite pièce devienne leur préférée, alors qu'un grand Andara semblait, au départ, attirer toute l'attention.

Cette expérience m'a appris à me méfier de nos certitudes. Nous croyons souvent savoir exactement ce que nous aimons. Nous comparons, nous réfléchissons, nous cherchons à faire le meilleur choix, puis une rencontre inattendue vient parfois tout remettre en question.

Je crois que cela dépasse largement les Andara.

Qui n'est jamais entré dans une galerie avec une idée précise, avant d'être touché par une œuvre qu'il n'avait même pas remarquée au premier regard ? Ou de repartir d'un marché avec une céramique, un tableau ou un objet qu'il n'avait absolument pas prévu d'acheter ?

Certains objets séduisent immédiatement, tandis que d'autres s'imposent plus discrètement. Ils restent dans un coin de notre regard et, sans que l'on sache vraiment pourquoi, on revient les observer jusqu'au moment où ils deviennent une évidence.

J'ai souvent retrouvé ce phénomène avec les Andara. Les couleurs les plus éclatantes attirent facilement le regard, mais les plus discrètes sont parfois celles auxquelles on s'attache le plus avec le temps.

Cette idée me plaît parce qu'elle rappelle qu'il n'est pas toujours nécessaire de vouloir tout maîtriser. Laisser une place à l'inattendu permet parfois de découvrir ce que l'on n'aurait jamais choisi de manière réfléchie.

Lorsque l'on me demande aujourd'hui quelle est la plus belle couleur ou le plus bel Andara, je peux parler de leurs nuances, de leur transparence ou de la façon dont la lumière les révèle. Pourtant, je sais que l'essentiel se joue ailleurs, car la relation avec un bel objet se construit au fil du temps, dans les petits instants du quotidien.

C'est sans doute pour cela que je repense avec le sourire à ces commandes où je m'étais trompée. Ce qui me semblait être une erreur est parfois devenu une belle surprise.

Depuis, je me dis que les objets qui nous accompagnent le plus longtemps ne sont pas toujours ceux que nous avions imaginés choisir. Ce sont souvent ceux qui, presque discrètement, trouvent une place dans notre regard avant de trouver leur place dans notre vie.

Avec bienveillance,

Nathalie.

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