Créer ou ne plus créer ? Seth / Jane Roberts

Nathalie DAOUT
Créer ou ne plus créer ? Seth / Jane Roberts

Pendant un temps, la création s'impose comme une évidence. Il y a cet élan presque irrépressible de peindre, d'écrire, de composer, de tracer des formes de lumière, comme si l'énergie intérieure avait besoin de se matérialiser pour se reconnaître dans la matière, pour se voir elle-même à travers une forme.

Seth explique que toute pensée, toute émotion, tout mouvement du cœur est une énergie vivante et que, lorsque cette énergie prend forme à travers la couleur, le son, la géométrie ou le mouvement, elle devient une projection consciente dans la réalité physique, une manière pour la conscience de se rendre visible à elle-même.

"Vos pensées créent la forme, comme les rêves créent les symboles." (Seth Jane Roberts The Nature of Personal Reality, session 614)

Créer, dans cette perspective, revient à laisser la conscience se traduire en matière, sans intention de soigner ni de transmettre quoi que ce soit. Un dessin, une grille ou une œuvre vibratoire ne font rien par eux-mêmes, ils agissent plutôt comme des surfaces de résonance, des miroirs discrets dans lesquels celui ou celle qui contemple peut, s'il le souhaite, reconnaître quelque chose de lui-même, de sa propre lumière.

Il ne s'agit donc pas d'un soin, ni d'un acte dirigé vers l'autre, mais d'un écho entre deux aspects d'une même conscience, un rappel silencieux plutôt qu'une action.

Comme le dit Seth : "Vous ne changez pas l'autre, vous lui rappelez simplement ce qu'il est déjà." (Seth Speaks, 1972)

Puis vient parfois un moment, brutal ou très progressif, où la conscience se reconnaît avec suffisamment de clarté pour ne plus avoir besoin de se refléter dans la forme. L'élan de créer s'apaise alors, non par lassitude ou par rejet, mais parce que le symbole devient transparent, presque inutile. Il n'est plus nécessaire de faire, de produire ou de traduire pour sentir la lumière, elle est simplement là, en amont de toute forme, de tout geste, de toute intention.

"À mesure que vous grandissez en conscience, les symboles que vous avez créés pour vous souvenir de votre nature deviennent superflus." (The Nature of the Psyche, chap. 7)

Pour autant, ces deux plans continuent de coexister. Créer n'est pas une erreur ni une illusion, pas plus que ne plus créer n'est un renoncement. L'un relève d'un mouvement, l'autre d'un repos, l'un d'une danse de la conscience avec elle-même, l'autre d'une stabilisation naturelle dans la Présence.

Ainsi l'artiste, toujours selon Seth, n'est pas celui qui "fait descendre la lumière" mais celui qui la laisse se mouvoir librement, sans la contraindre à prendre forme lorsque ce n'est plus nécessaire. Et lorsque la lumière n'a plus besoin de se dire à travers des symboles, le silence devient peut-être la forme la plus juste qu'elle puisse prendre.

En définitive, créer ou ne plus créer procède de la même énergie, vécue sous deux modalités différentes. Tant qu'il existe un besoin de se souvenir, la conscience s'exprime à travers des formes et lorsque ce souvenir devient inutile, elle demeure simplement en elle-même. Dans les deux cas, c'est toujours la même Présence qui est à l'œuvre, celle qui n'a jamais eu besoin d'outil pour être ce qu'elle est déjà.

Avec bienveillance, Nathalie, Eclesiah.

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